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Si vous n'avez pas lu le début c'est par ici :

- Partie 1

- Partie 2

 

Julien avait mis Maxime dans la confidence à propos de ses prémonitions et ce dernier n’avait jamais rien dit. Ils n’en avaient d’ailleurs jamais reparlé et c’était plus ou moins oublié.

 

Mais neuf ans plus tard, une grosse dispute éclata entre Julien et Charlène. Elle lui reprochait d’être toujours en retard pour diner et le soupçonnait de la tromper ou en tout cas de lui cacher quelque chose. Julien était fou de rage car il n’arrivait pas à la convaincre qu’il n’en était rien et qu’il était simplement en retard parce qu’il avait beaucoup de boulot. Pendant des mois, il tentait de se dépêcher pour rentrer à l’heure mais son boss le retenait et attendant une promotion il ne voulait pas faire mauvaise impression.

 

Une nuit il se réveilla et la surprit en train de fouiller dans ses textos sur son téléphone. Il la regarda dans les yeux avec mépris et lui dit en colère :

 

-         - Tu es pitoyable.

 

Il sortit ensuite de la chambre et alla dormir dans le canapé du salon. Il pouvait l’entendre pleurer dans la chambre. Il ne savait plus quoi faire. Malgré le pincement qui comprimait sa poitrine il s’endormit.

 

Le lendemain, il se réveilla en sursaut. La lumière inondait le salon. N’étant pas dans leur chambre, il n’avait pas entendu le réveil. Il jeta un coup d’œil au-dessus du bar et vit que l’horloge du four indiquait neuf heures trente-cinq. Il était pour ainsi dire dans une merde pas possible. Il pouvait toujours rêver pour espérer avoir le poste qu’il briguait. Il en voulait à Charlène de ne pas l’avoir réveillé mais confus il alla quand même dans la chambre pour s’excuser. Elle n’était plus là. Pire encore, sa commode était vide et il manquait une valise dans le placard. Il eut alors un flash. Il se souvint soudainement de son rêve prémonitoire. Tout s’était passé exactement comme cela. Il ne manquait plus que le mot sur la porte du frigo. Il courut dans la cuisine et lu le mot qu’il avait vu en songe dix ans auparavant :

 

Bonjour Julien,

Si tu ne peux pas comprendre que je puisse être inquiète quand tu rentres aussi tard pour diner.

Si tu ne peux pas comprendre que tes éternelles excuses me tapent sur le système.

Si tu me méprises comme tu l’as fait hier soir alors peut-être que notre histoire doit s’arrêter là.

Peut-être qu’on doit tous les deux passer à autre chose.

Je suis prête à revenir mais je te demande une petite preuve d’amour. J’en ai besoin.

Retrouves-moi au restaurant de notre premier jour à dix-neuf heures.

Charlène.


Tout lui revenait maintenant. Dans son cauchemar il n’était pas arrivé à l’heure à ce rendez-vous et elle n’était jamais revenue habiter chez eux. Il s’habilla en vitesse et couru rejoindre le métro. Il était attendu au travail par son boss qui lui remonta les bretelles au sujet de son retard. Ce fut la journée la plus longue de sa vie. Il savait que s’il n’était pas parti du bureau à dix-huit heures trente pétante ce serait terminé. « C’est idiot » se répétait-il mais c’est dans ces moments-là qu’il se rendait compte à quel point il l’aimait.

 

Son patron le retint jusqu’à presque sept heures moins le quart. Il était fou. Une fois dehors il attacha solidement son sac en bandoulière et commença à courir à toute allure en direction de l’avenue la plus proche. Il y avait une bijouterie dans l’angle. Un de ses collègues qui s’était récemment marié en disait que du bien. Il entra et parcouru la boutique en trombe. Il s’arrêta nette devant une bague en or surmontée d’un magnifique saphir. L’anneau décrivait des courbes originales qui lui rappelaient le coup de pinceau de Van Gogh. La vendeuse ne comprit pas le rapport mais conclut la vente voyant Julien satisfait.  Il ne regarda pas le prix, paya et partit comme un fugitif.  C’était la vente de bijou la plus rapide de l’histoire. Une fois dehors il reprit sa course folle. Il était sept heures moins cinq.

 

La fin est par ici -->

Tag(s) : #Bouillons de Papiers, #Une vie la nuit

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