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Si vous n'avez pas lu la première partie c'est par ici --->[]

 

Il ne se souvenait plus trop s’il était allé dans ce café non loin de Montmartre tout à fait par hasard ou pour une raison précise. Une chose était sure il la trouverait là-bas. Il sortit et fila rejoindre l’arrêt de bus le plus proche. Sur le chemin un soleil puissant lui réchauffait le visage. Il jubilait. Il se sentait rajeuni de plusieurs années.

 

Une fois dans le 56 qui devait l’emmener de la Place de la République au Boulevard Rochechouart il pensa à ce que Maxime lui avait dit une heure plus tôt. Et s’il était en train de délirer. Après tout, l’hypothèse la plus probable lui semblait être celle de son ami." Les rêves prémonitoires c’est des conneries." Il doutait désormais mais le brin d’espoir qui subsistait en lui, le poussa à aller voir dans ce mystérieux café. Il voulait en avoir le cœur net.

 

Il était onze heures moins vingt quand il s’assit en terrasse à la même table qu’il avait vue dans son rêve.  « Déjà, ce foutu café et cette putain de table sont bien là » se rassura-t-il. Mais Julien était forcé de constater qu’Elle n’était pas là. Il commanda quand même un chocolat chaud et resta un instant pensif, les yeux perdus dans les contours du Sacré-Cœur. Quand il entendit à côté de lui un « oups » d’une voix féminine. Il se retourna brusquement et sans vraiment savoir ni pourquoi ni comment il avança rapidement son pied vers la table et amortit ainsi la chute du téléphone portable de l’étourdie demoiselle. Tout en ramassant l’objet il leva les yeux pour croiser du regard celui de la jeune fille et c’est alors qu’un frisson lui parcouru tout le corps. C’était elle.

 

-         - Merci, dit-elle.

 

Il ne répondit pas. Il était subjugué. En plus de la surprise, sa beauté lui coupait le souffle.

 

-         - Merci, répéta-t-elle.

 

Il reprit doucement ses esprits et balbutia quelques mots dont elle perçu vaguement le sens. Elle trouva immédiatement sa timidité charmante et se présenta.

 

-         - Charlène. Enchantée.

 

Il se secoua, lui offrit un grand sourire et dit :

 

-         - Julien. Enchanté également. Votre téléphone a tenté de s’échapper ?

 

-         - Oui, ce doit être ça. Non, sérieusement je suis terriblement maladroite c’est une catastrophe.

 

-         - C’est beau la maladresse c’est signe de sensibilité.

 

-         - Vous êtes gentil, dit-elle en rougissant.

 

Ils engagèrent alors une longue discussion sur ce qu’ils faisaient dans la vie, les derniers films qu’ils avaient vus au cinéma. Julien mentit même sur certains de ses livres favoris pour voir le degré de précision de ses prémonitions. C’était magique. Comme dans son rêve, elle travaillait dans un musée et connaissait Paris et ses galeries d’art comme sa poche. Elle devait partir la semaine d’après pour un énorme congrès d’histoire de l’art à Manhattan. Il hésita à tout lui raconter au sujet de son rêve mais il se rappela qu’il se terminait mal dix ans plus tard et il ne voulait pas lui faire peur et gâcher leur histoire.

 

Il se jura d’éviter ce restaurant du 16ème où leur relation prenait fin dans son cauchemar mais il comprit très vite que ça ne serait pas possible. En effet, c’était la brasserie préférée de Charlène et dès le premier soir de leur rencontre elle l’y convia. Les jours passèrent, les mois passèrent. Ils étaient heureux. Ils voyageaient énormément et partageaient des moments magnifiques et délicieux.

 

 

La suite....

Tag(s) : #Bouillons de Papiers, #Une vie la nuit

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