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Au fur et à mesure du temps qui passe, alors que l'horloge tique et taque et ne cesse de s'arrêter, vous êtes invité à découvrir en directe lave un tout nouveau feuilleton, concocté et improvisé par l'équipe du Magmatelier...

 

 

Sept heures trente-trois. C'est un dimanche matin. Luc est bien au chaud sous la couette, encore en train de rêver. Un rêve tellement surréaliste qu'il est curieux de connaître la suite.


Le bruit de la pluie derrière la fenêtre l'extirpe doucement de son songe. Il lutte plus ou moins consciemment pour persister dans son monde. Il veut vivre encore dans cet ailleurs ou la vie ne dure qu'un an puis s'efface à jamais. Là-bas, il n'y pas de naissance ni de mort. Les Hommes apparaissent aux pieds des arcs en ciel sous un torrent de lumière. A leur arrivée ils ont tous l'air d'avoir vingt ans.

 

L'un d'eux le tire violemment par le bras. Luc se réveille. Elle est toujours endormie. Même le son du tonnerre ne la fait pas broncher. Du coup, il se lève, va dans la salle de bain, se brosse les dents, va dans la cuisine, allume la cafetière.

La pluie. Le tonnerre. La sonnette.

La sonnette ? A sept heures trente-cinq un dimanche matin ?

Il ouvre. Il n'a pas le temps de voir combien ils sont sur le pallier. Sac sur la tête.

 

Aussitôt ligoté les mains dans le dos notre jeune ingénieur abandonne vite l'idée de lutter. D'autant plus qu'il est mal réveillé. Il tente malgré tout de deviner le chemin que prend le camion dans lequel il a été jeté. Mais le conducteur est une brute et la nausée finit par le déconcentrer. Une main l'attrape soudainement à l'épaule et son agresseur lui dit :

        - Nous ne te voulons pas de mal.

        - C'est marrant j'aurais juré être ligoté avec un sac sur la tête, s'énerve timidement Luc.

        - On est obligé... Pour se protéger de toi...

        - Vous pourriez être plus explicite ? questionne-t-il.

        - Nous le serons plus tard... Disons que tu as fait un rêve qui nous met en danger.

Quelques minutes plus tard, la camionette s'arrête dans un sous-sol.

 

- Et vous m'emmenez où là ?

- T'occupe...

Ding !

Un ascenseur.

Luc se retrouve dans cet espace confiné, chaud et humide. Ils doivent être trois autour de lui. Pas besoin de plus. 

Il compte. 

Dix secondes.

Vingt secondes.

Quarante secondes.

"On doit être haut..." pense Luc.

Mais... Cette sensation... Sous ses pieds...

- On descend encore plus bas ?

- Ferme la ! Nous aussi on est stressé !

 

Autour de lui, ses trois agresseurs s'agitent. Il lui semble qu'ils enfilent des vêtements. Après un instant, l'un d'entre-eux lui délie les mains. Il pense à Clara qu'il a abandonnée dans son lit. "C'est ma chance" se dit-il quand :

- Tu vas devoir te couvrir. Je te détache mais ne t'avise pas d'essayer quoi que ce soit.

L'atmosphère opressante qui régnait dans l'ascenseur quand ils étaient montés devenait de plus en plus glaciale. Luc s'empresse d'ajouter sur lui les deux pulls et le gros manteau qu'on lui tend.

Ding !

La porte s'ouvre, un vent violent et gelé s'engouffre dans la cabine et les fige un instant sur place. Luc s'impatiente :

- Pourriez-vous une bonne fois pour toute m'expliquer où je suis ?

- Fairbanks, Alaska, ça te dit quelque chose ?

- Euh, je dirais que c'est à sept mille kilomètres d'ici.

- De chez toi oui. Mais d'ici non.

- Ah ? Et donc ?

- Et donc bienvenu en Alaska Luc.

Sans savoir si c'est le froid ou ce qu'il vient d'apprendre qui lui glace le sang, il balbutie "mais qui-êtes vous ? " avant de s'effondrer, inconscient.

 

Deux, puis trois claques. Luc se réveille enfin. Il est bien au chaud dans son lit. Il se tourne sur sa gauche pour serrer très fort Clara. 

Mais... ce truc poilu... Qu'est-ce que c'est? Où est clara?

La couette, ce n'est pas sa couette. C'est une sorte de peau d'animal mort! L'odeur infecte lui remplit les narines. Il vomit.

Un homme au crâne rasé entre dans la pièce. Il est très musclé et n'a pas l'air commode.

   - Mais merde à la fin! Faut toujours qu'y en ait un qui dégobille sur mes affaires.

  - C'est pas pour rien qu'on t'appelle Monsieur Propre ! lance au loin une voix de femme.

Luc entend des rires. L'homme rasé et musclé s'approche dangereusement de lui. Il n'a toujours pas l'air commode... 

 

Mais Luc n'a pas l'intention de se laisser faire :

- C'est vous qui venez de m'en coller une ? ose-t-il.

L'armoire chauve palit puis prend un air sympathique :

- Oui en effet, je suis sincèrement désolé mais il fallait qu'on vous réveille. On va devoir filer. Ce temps mitigé est très menaçant pour nous autres.

- Pour l'amour du ciel, voulez vous me dire qui vous êtes ?

- A l'image de ceux dont vous avez rêvés, nous sommes des êtres qui ne vivent qu'un an. Nous naissons à la lueur d'un arc en ciel et nous y disparaissons. Moi et mes amis avons décidé de lutter contre cela, c'est pourquoi nous fuyons les zones tempérées où ces phénomènes optiques sont courants.

- Et pourquoi être venu me chercher, moi ?

- Il y a six mois l'un d'entre nous a rêvé de vous. Il nous a affirmé que vous trouverez un moyen pour nous permettre de vivre une vie aussi longue que la vôtre. Il a parlé de lueurs dans le ciel qui ne se trouvent qu'aux pôles de la terre.

Luc n'en croit pas ses oreilles. Assoiffé il attrape la bouteille d'eau qui se trouve au pied du lit et la descend d'un trait. Il regarde dans les yeux le jeune homme au crâne rasé. Il lui semble sincère.


 

Fin du premier chapitre

La suite ici

 



Tag(s) : #Bouillons de Papiers

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